Une covidée

La COVID-19 est parmi nous et chamboule toutes nos habitudes de travail. Elle génère même son propre phénomène, la distanciation sociale. C’est une façon aseptisée de dire « rester chez vous », mais bon, on devra s’en accommoder. Si ce n’est déjà fait, il y a de fortes chances que vous receviez un courriel du patron, vous demandant de travailler de la maison et de limiter vos déplacements à l’extérieur.

La conséquence incontournable de cette situation sera le recours aux technologies virtuelles, comme Skype ou Facetime. Alors autant maximiser vos performances. Voici cinq conseils pour soigner votre image virtuelle.

1- L’angle de la caméra : Normalement, on amorce une réunion virtuelle en ouvrant son portable et en cliquant sur l’application. On ne pense pas à l’image qu’on présente à l’écran. Or, 90 % du temps, l’ordinateur est placé sur une surface basse et la caméra pointe vers le haut, en contre-plongée. L’interlocuteur voit une face géante et menaçante qui le regarde de haut !

Nul besoin de porter la lentille à niveau d’œil, mais diminuer l’angle de prise de vue est souhaitable. Chez-moi, j’ai un bureau à surface ajustable que je soulève pour aplanir l’angle de ma caméra d’ordinateur. Quelques livres peuvent suffire, un coup mal pris. Si vous utilisez un téléphone intelligent, vous pouvez trouver des trépieds à bureau, de qualité plus que potable, pour moins de 50 $. Un ensemble caméra internet avec trépied se détaille entre de 50 $ et 125 $. L’idée est de créer une perspective qui s’apparente à une conversation normale.

2- Haro sur les contre-jours ! Les contre-jours se produisent quand la lumière derrière vous est tellement puissante que la caméra ne peut pas s’y ajuster. À l’écran, vous êtes en silhouette, une image d’épouvante, plus noire que Batman. C’est que, la lumière extérieure qui entre par la fenêtre est plus « chaude » que celle, plus « froide », de l’intérieure. Si votre bureau fait dos à une fenêtre, votre caméra fera forcément face à la lumière externe et vous serez en contre-jour. Pour pallier ce phénomène, il faudra des rideaux épais, ce qui donne souvent une image glauque et oppressive. Si cela est possible, changez l’orientation de votre bureau. Le mien fait face à ma fenêtre, ce qui me permet de jouir d’un superbe éclairage de jour.

Le soir : On doit s’éclairer soi-même. Certains optent pour des ensembles d’éclairages photos. Par contre, je suis agréablement surpris de la qualité des lentilles intégrées aux portables d’aujourd’hui. Leur sensibilité est telle que deux ampoules 60-watts suffisent pour vous éclairer adéquatement. Pour une meilleure qualité d’éclairage, assurez-vous de placer vos sources de lumière devant vous, ou sur les côtés.

3- Planter votre décor : Le contexte visuel qui vous entoure doit vous mettre en valeur. L’arrière-plan de mon bureau est composé d’une bibliothèque et de tableaux, c’est sobre, un environnement d’affaires. On peut aussi utiliser des plantes pour égayer le pourtour de l’image. L’idée est de s’assurer que le décor corresponde au contexte. Pour le travail, on se trompe rarement en campant un décor qui reflète la culture de son entreprise.

4- L’habit fait le moine (ou la moniale) : Retenez ceci : On vous voit, avant de vous entendre. Dès que votre image apparaît à l’écran, vos interlocuteurs se font une impression visuelle de ce qu’ils voient. Bref, on vous catégorise. Quelle impression voulez-vous faire ? Quel souvenir voulez-vous leur laisser ? Suggestion, choisissez des couleurs mitoyennes, pas trop foncées, pas trop pastel. Votre choix de vêtements doit permettre à l’œil de se concentrer sur votre visage.

5- Non verbal, jeux de mains… Le plan de caméra devrait avoir un recul suffisant pour que, à l’occasion, on perçoive votre jeu de mains. Dans l’interprétation instinctive que nous faisons tous du Non verbal, la gestuelle joue un rôle primordial. L’interlocuteur a besoin de voir l’action des mains, pour jauger l’investissement émotif que vous mettez dans vos propos. Or, si le visage et la seule chose qui parait à l’écran, votre vis-à-vis est partiellement aveuglé et la portée de votre message est amoindrie. Cela dit, on doit éviter les gestes brusques. La compression du signal demeure un enjeu de nos technologies virtuelles et un geste trop rapide « gèle » l’image et gêne la communication.

Voilà, la distanciation sociale n’aura plus de secret pour vous.